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Textile seconde main

Les soldes ont démarré le 9 janvier dernier et laissent indifférentes une partie de la population.

La consommation effrenée de textile s'essouflerait-elle ? C'est ce que l'Institut français de la mode (IFM) souligne avec un recul de 2,9 % fin 2018, de la consommation de textile et d'habillement. Le directeur de l’observatoire économique de l’IFM, Gildas Minvielle, parle même d'une période de "déconsommation". Même si la baisse du pouvoir d'achat des français explique cette baisse de consommation chez 60 % des français, c'est une prise de conscience écologique et éthique qui guide 40 % d'entre eux.

Il faut dire que la Fast-fashion qui a pour caractéristique de renouveler les collections et les vêtements en vente, à vitesse grand V, a des conséquences écologiques et sociales lourdes. Selon le dossier de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), intitulé "le revers de mon look", l'industrie textile est l'une des plus polluantes au monde. Elle représente 2 % des émissions de gaz à effet de serre. « C'est plus que les vols internationaux et le trafic maritime réunis », s'alarme l'Ademe. La production mondiale de vêtements a doublé de 2000 à 2014. En effet, la technique commerciale déployée par la Fast-Fashion consiste à adapter en très peu de temps sa collection aux demandes du consommateur afin de vendre toujours plus, au détriment de la qualité. 600 000 tonnes de vêtements sont mises en vente chaque année en France.

Pourtant, selon un sondage BVA de 2010, 114 € de vêtements dorment en moyenne dans nos armoires. S'ils ne sont pas conservés, ils partent à la poubelle sans pouvoir être recyclés pour 80 % d'entre eux.

De plus, les industriels utilisent de nombreux produits toxiques pour teinter nos vêtements. Ces produits sont non seulement dangereux pour les ouvriers qui les utilisent mais également pour les personnes qui portent les vêtements, ainsi que pour l'environnnement. En effet, lorsque les vêtements sont lavés, les produits déversés dans les nappes phréatiques bouleversent les écosystèmes et seraient à l'origine de 20 % de la pollution des eaux dans le monde.

Heureusement, les consommateurs ont le pouvoir de faire bouger les lignes ! Il existe des alternatives slow-fashion qui permettent d'inverser la tendance. Consommer de manière écoresponsable et chic, c'est possible ! On assiste d'ailleurs à un véritable regain d'activité des friperies qui proposent du textile de seconde main. Il est ainsi possible de se faire plaisir en limitant son impact environnemental et social, tout en payant moins cher et en dégotant des pièces uniques. Le Relais Est récupère le textile usager et propose des vêtements de seconde main dans ses nombreuses boutiques à travers toute la France. En Alsace, la boutique Le Léopard à Strasbourg et Ding Fring Est, à Wittenheim vendent des vêtements chics, à petits prix, issus de textiles récupérés.

L'association Emmaüs Défi réalise également du surcyclage ou upcycling (en anglais) qui permet de récupérer des textiles inutilisés pour en faire des vêtements neufs.

Aujourd'hui, moins de 1 % des tissus de nos vêtements sont recyclés alors que c'est pourtant une des solutions la moins polluante pour se vêtir.

Autre alternative possible : choisir des matières moins polluantes comme le lin, le chanvre ou le coton biologique.

En résumé, les soldes, oui, mais pas à n'importe quel prix !